encore un cri
ça fait un moment que je vous ai pas servi un petit texte poétique, simple et plein d’allant comme je les aime. Je suis en ce moment en pleine recherche de sens, vous savez la situation dans laquelle on se retrouve quand on finit un cycle et qu’on en prépare un nouveau. C’est agréable, excitant, n’est-ce pas ? Quand tous les projets ne sont qu’idées, que tous les lieux ne sont que des rêves de voyages, quand les futurs emplois sont sans défaut, riches à vouloir dormir au boulot… Oui, c’est ça vous l’avez… Toutes ces voix de tous ceux qu’on pourrait être si on suivait l’un ou l’autre des chemins….
encore un cri
tous les orages toutes les voix
un seul furieux appel
commotion du temps
étriqué insoumis
gorgé de sang et de non-dits
inaudible
perdu mais serein
rien à gagner
tout à jouer tout dans la balance
tout tenter
à la lumière d’une faille espérer vaincre
se tromper encore
y replonger avec folie
sans rien mûrir
oublier le point
dépassé sans doute
hésiter entre rire et souffrance
ne pas s’en contenter
un cri encore
rauque et solitaire
aussi seul mais plus rageur
pour qui voudrait l’entendre
Epitaphe pour beau gosse
Les maisons s’ouvrent pour moi comme si elles étaient closes. Si frustrant de savoir que mon talent n’y est pour rien : s’il suffit d’une belle gueule à quoi bon travailler ?
Mes réveils
Un petit texte d’expression de mon cru comme toujours sur ce blog, simple et naturel pour décrire ces réveils et ces séparations, et surtout cette condition instable et répandue d’ensemble sans être ensemble, ensemble à l’occasion, par laquelle nous passons tous, d’un côté, de l’autre, ou a cheval sur la barrière.
Elle m’a dit « adieu », encore une fois, entre deux coups de pinceau…
Cette lopette en salopette n’est qu’une salope.
D’ailleurs plus personne n’en porte mais putain,
Qu’est ce qu’elle m’en fait tenir la morue !
A s’en croire la reine des océans ; aux dents longues
De la mer de chopper toujours un plus gros poisson.
Un qui en plus d’éponger ses désirs arrosera toujours plus ses beuveries.
Moi qui n’ai pas le sou, je passe en second,
Dans l’ombre des fonds de soirée, je fais tapisserie tout du long
En l’attendant, je la vois tricoter ses filets, se débattre,
Glisser sur leur torse ses griffes qui se plantent dans mon cœur
Et me pénètrent et me violent, m’emprisonnent et me sauvent.
Cette douleur qui chaque fois me fait revivre, jusqu’au réveil.
Ah le soleil et tout son mensonge !
Elle courre pour une nouvelle flèche,
Moi sur le fil, face à la glace, la raison file,
Une journée commence, pendu à ses bras qu’elle ne me tend pas.
dernier plaisir
La poésie moderne a-t-elle besoin d’être crue, cash, gore, vulgaire pour s’acheter une décence, une crédibilité, pour oser ce montrer et qu’on accepte de la regardée sans avoir honte ? Parfois je suis obligé de dire que je vais slammer pour qu’on écoute ma poésie… Oui, il y a une force à pouvoir exprimer des choses simplements, comme on les ressent, sans pincette, sans métaphore, même une liberté du possible des sujets traités. J’aime toutes les formes de poésie, des figures imposées à l’applat de couleurs difforme. Alors voilà, simplement exprimé, un plaisir simple que je crois nous partageons.
dernier plaisir
ça me tire si fort que je voudrais être une femme
même bourrée
escabeau vers la gerbe
monotonie de tes seins
J’en ai pris pour combien ? CDI
au chômage
pourquoi j’ai proposé ?
ascenseur vers le trip
lumières
fin du film
ça repart
toute ma vie au ciné pour que tu la fermes
un demi
un petit, un mi-temps de truc qui m’aille
Je baisse mon froc, j’aime chier
dernier plaisir total
mon bonheur à fleur de peau
la plaie et son couteau
L’absence provoque beaucoup de choses, parfois elle crée même des sentiments qui jamais dans la présence n’auraient éclos.
L’absence agit comme le soleil sur une petites graine en terre fertile : si la graine trouve la force de percer la terre, l’absence la transformera en une plante pleine de vie.
L’absence et son pouvoir sont trop peu loués, je voulais leur rendre homage.
la plaie et son couteau
Je découvre la douleur
Le couteau a pénétré, doucement, s’est retiré
une piqûre
Première réaction : se gratter, la faire partir
Mais le point fixe, toujours présent
chaque instant
à en deviner les contours, au millimètre
d’entaille
de vide
Le couteau ressorti
la chair à nue refuse de se refermer
Chaque jour la plaie appelle l’arme
Combler ce vide, quitte à s’enfoncer plus profond
plus profond -un cri- mais plus la chair à vif !
Te sentir à nouveau.
Souffrir de toi s’il le faut, mais pas de ton absence
L’encre de ton venin
L’encre de ta bouche coule comme un venin et se répand en cette eau trouble. Tu m’as menti une fois, j’y ai cru je ne sais pas, deux fois, à peine un peu plus. Une encre desséchée coagule à la surface de l’eau qui stagne. La pluie même n’en brise plus l’écorce et la sècheresse ne la fait plus fondre. Tu peux me traiter d’immature je n’en suis pas si différent, ces gouttes qui rebondissent sont ma seule vérité. Mon ivresse diluée n’arrêtera pas la fuite, quand la blessure est trop profonde l’espoir seul ne stoppe pas l’hémorragie, alors lâche tes cotons et cette médecine de pacotille. Si la fuite est le salut toute autre issue est une prison et une blessure, et une page qui se dérobe sous les assauts de ma plume, un mensonge de plus à tenter d’oublier, une nouvelle guerre entre nous pour encore y replonger.
je slam donc je crie / je scanse donc j’écris
Je n’ai pas peur d’avoir l’air classique, je m’en fous. Je viens nu réciter des poèmes trashs si vous voulez, je parle d’écarissage, de snuf, comme du classement de la ligue1. Mais bordel, quand vous voyez un texte qui a la gueule d’un quatrain, d’un sonnet, ne lui collons pas direct l’étiquette “morne et chiant”; quand trois lignes décomposées jettent des vomi d’extasies et de lawson, ne croins pas au “moderne”. Pourquoi rebatiser la poésie SLAM ? Le mot fait honte c’est tout ? Quelle dualité magique! On croirait un débat politique gauche/droite! La dualité a eu ses heures… la nuance, les nuances nous enlacent d’une manière bien plus intense. Je ne me sens bien ni dans le blanc ni dans le noir ni dans le gris d’ailleurs, je veux me barioler de couleurs et me jeter sur tout le monde pour tous les tâcher, leur beau costard bleu marine et leur string noir en dentelle qui dépasse de leur jupe juste sous les genoux.
voilà ce que j’en pense, en sonnet, pour le plaisir :
pauvre Janus
Oh mon pauvre Janus qui n’a que deux visages,
Comme il doit être aisé de se jouer de toi :
Tes masques évidents, ton ridicule émoi,
D’un seul coup d’œil on lit ce que tu envisages.
Oh mon pauvre Janus les gens se paient ta tête,
Car on te voit venir, on dirait un mendiant :
« Désolé de vous déranger… » C’est horrifiant…
La simplicité est pour nous comme un racket.
Donne leur ce qu’ils veulent, sois incohérent !
Un diable, un fou, un traître, un ami, insolent !
Touche leur curiosité… ils resteront.
Dans tes mains alors tomberont toutes les clefs,
Tu jouiras du plaisir d’être sincère ou non,
Ton cœur pour seul arbitre et l’amour à tes pieds.