je slam donc je crie / je scanse donc j’écris
Je n’ai pas peur d’avoir l’air classique, je m’en fous. Je viens nu réciter des poèmes trashs si vous voulez, je parle d’écarissage, de snuf, comme du classement de la ligue1. Mais bordel, quand vous voyez un texte qui a la gueule d’un quatrain, d’un sonnet, ne lui collons pas direct l’étiquette “morne et chiant”; quand trois lignes décomposées jettent des vomi d’extasies et de lawson, ne croins pas au “moderne”. Pourquoi rebatiser la poésie SLAM ? Le mot fait honte c’est tout ? Quelle dualité magique! On croirait un débat politique gauche/droite! La dualité a eu ses heures… la nuance, les nuances nous enlacent d’une manière bien plus intense. Je ne me sens bien ni dans le blanc ni dans le noir ni dans le gris d’ailleurs, je veux me barioler de couleurs et me jeter sur tout le monde pour tous les tâcher, leur beau costard bleu marine et leur string noir en dentelle qui dépasse de leur jupe juste sous les genoux.
voilà ce que j’en pense, en sonnet, pour le plaisir :
pauvre Janus
Oh mon pauvre Janus qui n’a que deux visages,
Comme il doit être aisé de se jouer de toi :
Tes masques évidents, ton ridicule émoi,
D’un seul coup d’œil on lit ce que tu envisages.
Oh mon pauvre Janus les gens se paient ta tête,
Car on te voit venir, on dirait un mendiant :
« Désolé de vous déranger… » C’est horrifiant…
La simplicité est pour nous comme un racket.
Donne leur ce qu’ils veulent, sois incohérent !
Un diable, un fou, un traître, un ami, insolent !
Touche leur curiosité… ils resteront.
Dans tes mains alors tomberont toutes les clefs,
Tu jouiras du plaisir d’être sincère ou non,
Ton cœur pour seul arbitre et l’amour à tes pieds.